Le budget de la colère

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Par Michel Legueret
28 septembre 2017
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A picture taken on November 6, 2012 in Lille shows figurines representing employees put on a pay slip displaying details of the payroll tax.  AFP PHOTO PHILIPPE HUGUEN / AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN

Le budget de l’État 2018 vient d’être présenté et certaines promesses de campagne sont « passées à la trappe ». Je ne vais pas disséquer ce budget point par point mais l’adapter à la réalité de la 7ème circonscription d’Ille-et-Vilaine. Composée de retraités ou de jeunes actifs, sa population sera touchée de plein fouet par les nouvelles mesures fiscales.

Commençons par la hausse de la CSG qui devait être compensée par la suppression des cotisations salariales pour le privé. Cette compensation qui normalement devait s’installer dès la hausse de la CSG ne sera appliquée que 10 mois plus tard en octobre 2018 dans le meilleur des cas. Pour les fonctionnaires c’est encore pire puisqu’on réfléchit encore aux compensations. Si pour une solution déjà acquise il faut 10 mois de carence, alors pour une solution non trouvée je vous laisse imaginer le délai…

Par contre l’impôt sur la fortune est modifié et cela immédiatement. On taxe l’immobilier mais on oublie le capital en espérant que les « plus riches » réinvestiront cet argent dans l’économie française. L’espoir fait vivre ! Les retraités seront pénalisés deux fois avec dans un premier temps la hausse de la CSG puis par le nouvel impôt sur la fortune qui ne prend plus en compte le capital mais taxe l’immobilier. Cet immobilier cher à nos anciens. Combien de fois avons-nous entendu qu’il fallait « investir dans la pierre » seul refuge pour une retraite paisible. Il paraîtrait que ne seront plus pris en compte dans le calcul de cet impôt les Yachts, les chevaux de course et les lingots d’or, donc je conseille à nos retraités de vendre cette maison chèrement acquise au prix de quarante ans de travail et d’investir dans un bateau de luxe avec un coffre pour les lingots !

La Bretagne a la chance d’avoir de grands chefs d’entreprise attachés à leur territoire. Ces hommes créent des emplois dans leur région natale et favorisent ainsi la sédentarisation de notre jeunesse dans une région vieillissante. L’acquisition de ce précieux sésame qu’est le CDI (également menacé par la loi travail) permettait au jeune couple d’acheter ce bien si précieux qu’était la maison de leur rêve. Premier achat mis à mal également par l’obtention d’un prêt à taux zéro qui sera dorénavant réservé à certaines régions dont malheureusement la notre ne fait pas partie. La disparition de la taxe d’habitation qui apparaît au premier abord comme une excellente nouvelle ne va-t-elle pas obliger la région et les communes à augmenter les taxes foncières pour équilibrer leur budget ? Si cela se produit devenir propriétaire s’apparentera à un sacrifice ultime au dépend du reste de la vie de famille.

Et la politique dans tout cela ? Le Président de la république, fort de son excessive majorité à l’Assemblée nationale, n’aura aucun soucis à faire passer et appliquer ses lois. Mais la question se pose pour nos élus locaux et plus particulièrement pour notre député Gilles Lurton qui s’est affirmé « Macron compatible ». Quelle va être sa position lors du vote à l’Assemblée ? Va-t- il s’abstenir ou voter « pour » cette loi qui va pénaliser bon nombre de son électorat, ou bien voter « contre » en se souvenant de ces retraités ou jeunes actifs qui ont votés pour lui ? Vote « contre » hautement symbolique, j’en conviens, mais si significatif sur l’état actuel de notre politique. Nous serons très attentifs à la prise de position de notre élu.

Michel Legueret

Michel Legueret

Vice-président du Cercle des Actifs Malouins

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