« L’État doit se recentrer sur ses missions régaliennes »

Interview
Par Cercle des Actifs Malouins
12 septembre 2016
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Jean-Frédéric Poisson 1

Alors que les candidats à la primaire de la droite et du centre sont connus depuis la fin de la semaine dernière, nous avons eu l’occasion de rencontrer Jean-Frédéric Poisson, représentant du Parti Chrétien Démocrate.

Jean-Frédéric Poisson, vous êtes déjà venu en Bretagne, mais pas encore à Saint-Malo. Vous n’êtes sûrement pas sans savoir que cet été il y a eu une présence policière sur les plages, et puis un homme soupçonné de radicalisation a été arrêté puis relâché faute de preuves ; il y a eu cette maman du pays de St Malo qui a témoigné, en décembre dernier, de son désarroi face à la radicalisation de son fils (voir Le Pays Malouin)… En votre qualité de Rapporteur pour le contrôle parlementaire de l’état d’urgence, comment voyez-vous la sécurité de notre pays aujourd’hui ?

Jean-Frédéric Poisson (JFP) : L’état d’urgence a été décrété sitôt les attentats de Paris en novembre dernier ; son efficacité les trois premiers mois a été indiscutable, jouant à la fois de l’effet de surprise pour les réseaux terroristes et de la simplification des enquêtes. Mais je me suis opposé à sa prolongation : il ne sert plus à rien, les réseaux terroristes se sont réorganisés autrement. A l’inverse on ne prend pas les mesures radicales qui s’imposent. J’ai demandé qu’on coupe les réseaux de communication de Daech, et que les opérateurs des réseaux sociaux prennent leurs responsabilités.  On se doit d’anéantir Daech par tous les moyens.

Je dis aussi que l’Etat doit arrêter de se mêler de tout et se recentrer sérieusement sur ses missions régaliennes : la justice, la diplomatie, la défense et la sécurité.

Vous êtes élu député dans un territoire rural au sud des Yvelines. Les agriculteurs souffrent en Bretagne aussi, qu’ils soient producteurs de lait, viande, légumiers … Que leur dites-vous ?

JFP : Je leur dis que la souveraineté de la France passe par eux, par notre indépendance alimentaire. Nous pouvons l’assurer, par la qualité de nos sols, de nos forêts, la longueur de nos côtes, par le travail des paysans et des gens de mer. Mais nous ne le faisons plus, et c’est insupportable. Pour des raisons politiques que je ne partage pas, on empêche les agriculteurs d’exporter. Je dis aux agriculteurs la reconnaissance de la Nation, à qui ils assurent subsistance et entretien des paysages.

Je suis membre de l’Observatoire du suicide, je vois que le suicide est l’issue dramatique de trop nombreux de nos compatriotes paysans. Je vois aussi que notre Ministre de l’Agriculture ne fait pas son travail, et n’a plus aucune influence au sein des instances européennes ; or le surpoids des charges et la surenchère des normes massacrent nos exploitations. Je n’accepte pas que le gouvernement soit impuissant face à Bruxelles. 

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Jean-Frédéric Poisson avec Marie de Blic, représentante du PCD en Bretagne

Vous êtes candidat à la primaire de la Droite et du centre ; pourquoi ne pas vous présenter directement à l’élection présidentielle, comme le prévoit par ex. M. Dupont-Aignan ?

JFP : Cette échéance en 2017 est certainement la dernière occasion de réformer à peu près pacifiquement la France avant un délitement encore plus important, voire un désordre généralisé. La société française est fragilisée. La mondialisation, le phénomène des migrants, la crise économique… La gauche est incapable de réformer et de conduire notre pays. Je ne veux pas que la gauche revienne aux commandes. Mais la droite, pour gagner, doit retrouver sa vocation, et c’est tout le fruit espéré de cette primaire.  Si la droite ne change pas son logiciel, sa victoire ne sera pas celle de la France. Je propose un projet en 12 réformes-cadres, pour ré-ordonner les priorités afin de réussir et gagner les convictions des Français en 2017. Mais si les votes de la droite sont partagés entre de multiples candidats, alors la gauche repassera. Je ne veux pas faire courir ce risque à la France. Le 1er tour de la primaire, le 20 novembre, doit être un marqueur d’idées. C’est ce jour là que la droite mettra son curseur politique pour les cinq ans à venir. Je suis le seul candidat nouveau à cette élection, le seul à porter une droite de convictions.

Cercle des Actifs Malouins

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Le Cercle des Actifs Malouins réunit les personnes installées familialement et professionnellement dans le pays de Saint-Malo, afin de débattre de sujets d'actualités nationales ou locales.

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