Isabelle Le Callennec, assise entre deux chaises

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Par Jean Martin
29 mars 2017
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Comme le révélait hier Ouest-France, « le torchon brûle entre un candidat UDI et la fédération LR 35 ».

En effet, Grégoire Le Blond, le maire de Chantepie, a été investi par l’UDI et Les Républicains aux législatives dans la première circonscription d’Ille-et-Vilaine suite à l’accord national entre Jean-Christophe Lagarde, et François Fillon. Mais, comme l’explique le quotidien breton : « cette investiture nationale est très mal passée localement chez les Républicains qui avaient investi l’élue rennaise LR Catherine Rolandin. »

Dans un communiqué les soutiens de Grégoire Le Blond écrivent : « c’est la commission nationale d’investiture qui est compétente, le comité départemental ne l’étant que pour les élections municipales et départementales. » Dans un autre communiqué signé du sénateur Dominique de Legge, de la députée Isabelle Le Callennec et du candidat LR Bertrand Plouvier, ils rappellent que cet accord signé oblige de soutenir François Fillon. Or, « ce n’est pas le cas de Grégoire Le Blond qui n’a pas parrainé notre candidat, n’a pas manifesté le souhait d’être membre du comité de soutien, n’a engagé aucune démarche positive : pas de participation aux réunions, pas de distribution de documents, pas d’allusion à son soutien dans ses documents de campagne » écrivent les élus brétiliens.

Quand Isabelle Le Callennec finance le centre

Cette situation risque d’être inconfortable pour Isabelle Le Callennec qui est une proche de François Fillon et même future ministre en cas de victoire de ce dernier. Mais, même si son cœur semble pencher à droite, son porte-monnaie lui se déverse au centre.

En effet, le 5 décembre 2012, Ouest-France révélait que la députée de Vitré attribue une partie de ses financements publics à une association aujourd’hui liée à l’UDI.

Financement des partis

Le financement public des partis politiques a été progressivement encadré par des lois successives promulguées entre 1988 et 2010. Chaque année, des crédits destinés à être versés aux partis et groupements politiques sont inscrits dans la loi de finances. Leur montant s’élève à environ 70 millions d’euros. Ces crédits sont répartis entre les partis politiques :

  • pour moitié à raison de leurs résultats au premier tour des dernières élections législatives. cette fraction des crédits publics bénéficie aux partis ayant présenté, dans au moins 50 circonscriptions ou dans au moins un département ou une collectivité d’outre-mer, des candidats ayant obtenu au moins 1 % des suffrages exprimés ;
  • pour moitié aux partis représentés au Parlement, en proportion du nombre de députés : seuls les partis bénéficiant de la première fraction sont éligibles à la seconde.

Le rattachement des candidats aux élections législatives pour la première fraction du financement public n’est malheureusement pas publique. Ce manque de transparence constitue une opacité puisqu’en tant que citoyens – électeurs et contribuables – nous ne savons pas à quel parti ou groupement politique se rattache financièrement le candidat pour lequel nous votons.

Les militants LR sont-ils vraiment au courant de la générosité de leur présidente envers l’UDI ?

Nous sommes en droit de nous poser plusieurs questions : En Ille-et-Vilaine, les électeurs de droite de la 5ème circonscription auraient-ils voté pour une candidate UMP dont les retours financiers de son élection ont financé le parti de Jean-Christophe Lagarde ? Les adhérents Les Républicains d’Ille-et-Vilaine, fédération qu’elle préside, savent-ils que leur présidente a « donné » près de 250 000€ (somme cumulée depuis 2012) ?

C’est certes peu comparé aux 11 millions d’euros que les adhérents ont donnés, suite au rejet des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy, mais peut-être cette somme aurait-il pu y contribuer sans sur-solliciter les militants…

Certes, Isabelle Le Callennec n’est pas seule à avoir voulu ménager la chèvre et le chou lors de son inscription en préfecture. Seulement ils ne sont pas si nombreux, seulement deux. Deux, mais pas des moindres car son collègue est Marc-Philippe Daubresse (ancien secrétaire général adjoint de l’UMP). Quant à Mme Le Callennec, elle siège au comité politique des Républicains et est considérée comme le « bras droit » de François Fillon.

En juin 2017, les candidats choisiront à nouveau pour cinq ans leur parti de rattachement pour cette première fraction du financement public. Sans doute que pour éviter toute ambiguïté les candidats devraient-ils faire preuve de transparence sur ce point.

Quand Isabelle gagnait plus que Pénélope

Depuis le début d’année, l’Affaire Pénélope Fillon pollue la campagne présidentielle. Selon le Canard Enchaîné, en 13 ans, elle aurait touché 831 440€. En à peine plus de temps, Isabelle Le Callennec a fait bien mieux ! En effet, directrice de cabinet de Pierre Méhaignerie puis attaché parlementaire de 1995 à 2012, elle touchait pour ce travail près de 5 000€ net par mois soit plus de 900 000€. Quand on sait que 90% des collaborateurs parlementaires gagnent moins de 3.250 euros par mois … Rien d’illégal mais où est la morale ? Facile de défendre les sacrifices pour les uns et de prendre les bénéfices pour soit.

Déclaration d’Interêts et d’activités d’Isabelle Le Callennec

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