Trump, Brexit, FN… Le raccourci facile

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Par Michel Legueret
9 novembre 2016
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Donald Trump

Nuit blanche à suivre les élections américaines, et, à peine le soleil levé sur notre beau pays, les premiers analystes politiques justifient leurs carences par « un électorat caché ». Alors où est-il ?

Installés dans notre confort politique et notre suffisance, nous nous permettons de pronostiquer la victoire d’un candidat outre-Atlantique. Mais que savons-nous réellement de la politique intérieure et de l’état de l’Amérique de Barack Obama ? Pour la plupart d’entre-nous, seulement ce que l’on peut lire dans les journaux qui font écho aux instituts de sondages orientés vers leurs désirs et non pas vers la réalité.

Hillary Clinton ou Donald Trump ?

Hillary Clinton était le vote rassurant. Aucune surprise, bonne ou mauvaise, à attendre d’une femme bien installée dans la vie politique des États-Unis. Un programme consensuel avec un interventionnisme à tout va, et une vision du monde vivant sous la « pax-américaine ».

Si Donald Trump met en œuvre son programme de campagne et que les États-Unis se renferment sur eux-mêmes, peut-être regretterons nous l’autoritarisme et l’arrogance des anciens présidents.

Je suis trop jeune pour avoir réellement connu une France marchant seule, la tête haute et méprisant l’ami américain dans cette période post-Seconde Guerre mondiale où nous affirmions notre indépendance politique et militaire. Je me suis habitué à ce gilet étoilé « pare-balle » qui nous protégeait dans les conflits mondiaux. Oui, bien sûr, nous participions avec nos moyens à ces interventions, mais les États-Unis marchaient devant nous, et si nos pertes malheureusement existaient les leurs étaient pires. Même en ex-Yougoslavie, dans cette Europe que certains sont si fiers d’avoir créée, sans les Américains nous n’aurions pu résoudre la crise.

Que va devenir l’OTAN et toute l’aide militaire et stratégique des États-Unis vers les anciens pays du bloc de l’Est ?

Oui, une alliance entre la Russie de Vladimir Poutine et les USA de Donald Trump serait une excellente nouvelle pour la paix mondiale. Espérons que cela se fasse, et rapidement. Cet accord permettrait la résolution de la crise syrienne et endiguerait sans aucun doute le flot migratoire vers notre continent.

Une récupération politique en France ?

Revenons sur l’électorat caché. Que ce soit en Grande Bretagne pour le Brexit ou pour les USA, les instituts de sondage se sont lamentablement « plantés ». Ces instituts et certains médias pensent qu’en influençant l’électorat, celui-ci obéira à leurs désirs.

Dès ce matin, sur les réseaux sociaux, le Front national et d’autres partis de droite affichaient leur satisfaction pour la victoire de Donald Trump, rêvant d’un destin similaire en 2017.

Je pense que le raccourci est facile mais ne présage en rien l’issue du scrutin national de 2017. Laissons cette conquête de l’Ouest à nos amis d’Amérique et concentrons-nous sur nos propres soucis. Je ne sais pas, et surtout je crois que personne ne le sait, si un tel électorat se cache dans notre pays. Ce que je sais, c’est que ce n’est pas en tentant la récupération d’une élection s’étant déroulée à 5 000 Km de nous que l’on convaincra les Français.

Les Américains ont voté Donald Trump car ils ont été séduits par un projet. Nos hommes politiques seront-ils capable de nous bousculer et d’emporter un vote d’adhésion et pas de consolation ? De quel droit jugeons-nous ce peuple sur son choix ? Sommes-nous encore en état de donner des leçons à quiconque alors que notre démocratie n’en a plus que le nom ?

La politique du moins pire ne doit pas vaincre. Seul le meilleur doit triompher, la grandeur de la France est à ce prix.

Michel Legueret

Michel Legueret

Vice-président du Cercle des Actifs Malouins

1 pensée sur “Trump, Brexit, FN… Le raccourci facile”
  1. Sous la 4ème République le Parti communiste et sa CGT était pour STALINE. Lequel a fait autant de victimes qu’Hitler. Pendant la guerre froide USA/URSS, fleurissaient sur les murs « US GO HOME » oubliant que les américains nous avaient délivré de l’oppression nazie.
    Et en parallèle les USA aidaient la France à financer la guerre d’Indochine. Laquelle aurait aurait pu être évitée si les centristes au pouvoir n’avaient pas rompu les négociations avec HO CHI MINH.
    DE GAULLE arrivé au pouvoir en 1958 a décidé que la politique étrangère de la France ne devait plus être inféodée aux USA d’où la reconnaissance de la Chine et sa rencontre avec MAO TSE TOUNG leader sanguinaire et le refus d’héberger le Centre de commandement SHAPE et les bases américaines en France. J’ai connu à cette époque une France marchant seule la tête haute respectée dans le monde et militairement indépendante avec la bombe atomique.

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