Sans autorité, il n’y a plus de République

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Par Pierre Lemarié
1 novembre 2016
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Autorité et République

Selon les médias régionaux, à la veille de la Toussaint, plusieurs « heurts » et « affrontements » ont éclaté à Rennes, Nantes ou Lorient. De doux euphémismes qui une fois de plus minimisent les faits. A la suite de ces violences, aucune interpellation n’a eu lieu, ce qui démontre une nouvelle fois le laxisme de nos gouvernants. Il est pourtant grand temps de remédier à cette situation en redonnant à notre République son autorité.

« On est là pour porter secours aux gens et sauver des vies ! Pas pour se faire caillasser », confie, exaspéré, un sapeur-pompier à Ouest-France. Cette nuit a été marquée par des violences urbaines dans plusieurs villes bretonnes, notamment des incendies de poubelles et de voitures. Des bus ont également été pris pour cible et du matériel urbain détruit. Plus grave, de nombreux jeunes s’en sont pris aux pompiers venus éteindre des incendies et aux policiers qui ont tenté de rétablir l’ordre.
« L’ambiance était très tendue, d’autant que d’autres incidents se produisaient dans d’autres quartiers de Rennes. À la Bellangerais, à Maurepas, à la Poterie, mais aussi à Saint-Jacques-de-la-Lande où, là encore, des pompiers ont été pris à partie et des feux de poubelles allumés », rapporte le quotidien régional, qui met en ligne sur son site une vidéo des échauffourées. Les incidents ont duré une grande partie de la nuit, se terminant mardi peu avant 6 heures.

La Bretagne Orange Mécanique

Vous vous souvenez certainement d’Orange Mécanique, film de Stanley Kubrick sorti sur les écrans en 1971. Dans ce long-métrage devenu célèbre, Alex DeLarge, jeune délinquant passionné par la musique de Beethoven est obsédé par le sexe et adepte de la violence qu’il nomme lui-même « ultra-violence ». Il dirige une bande de jeunes qui évolue dans un univers urbain décadent : il tabasse un SDF, se bat contre un gang rival, vole une voiture pour se rendre chez un écrivain qu’ils vont battre avec une telle violence qu’il en restera paraplégique à vie. Alex DeLarge viole la femme de l’homme tout en fredonnant Singin’ in the Rain. Le personnage principal ira jusqu’à donner la mort à une vieille dame.
Lors de la sortie du film, le Canard Enchaîné écrivait « Il est difficile de faire un film plus violent, d’une sexualité plus poussée, d’une brutalité, d’une grossièreté plus achevées. » Les journalistes de l’époque étaient loin de se douter que ces actes feraient quelques années plus tard la une des journaux. C’est ce qu’a décrit Laurent Obertone dans son ouvrage La France Orange mécanique, essai écrit en 2013. Basé sur des faits divers de la presse quotidienne régionale, il montre l’aggravation de la violence dans la société française.
La Bretagne n’est pas en reste comme le prouvent les récentes manifestations contre la loi travail qui se sont transformées en affrontements urbains ou encore les nombreux cas de vols et d’agressions perpétrés par des mineurs isolés.

A force, le ras-le-bol des honnêtes gens progresse. Les Français râlent du manque de respect des forces de l’ordre, s’exaspèrent en voyant l’État s’affaiblir. Notre société se délite à cause du manque de repères, où l’ultra-violence reste impunie.
Digressons un peu. Cette violence n’est pas l’apanage des banlieues. Il suffit d’allumer la télévision et d’écouter les discours violents et abrutissants, il suffit de lire certains commentaires sur les réseaux sociaux pour saisir à quel point notre société est malade d’une haine anarchique rampante.

Redonner l’autorité nécessaire à la République ?

Il est grand temps de tourner le dos à la culture du laxisme, de la déresponsabilisation, du désarmement pénal et moral. Pour que l’État retrouve son autorité, plusieurs aspects doivent être envisagés :

  • Donner les moyens nécessaires aux forces de l’ordre pour exercer leur métier. Les équipements dont ils disposent sont très insuffisants (véhicules, armes, protections, gilets pare-balles, radios, etc…). Il est donc urgent de les moderniser mais aussi de recentrer leur travail c’est-à-dire de les décharger de certaines missions comme la protection de certains bâtiments publics, en allégeant les procédures. C’est aussi donner les moyens humains nécessaires à l’exercice de leurs missions, sans oublier de reconsidérer et de revaloriser le travail de terrain.
  • Réinvestir les territoires, cela signifie mettre fin à ces zones de non-droit, de démanteler ces trafics qui pourrissent la vie des quartiers.
    Instaurer des peines planchers pour toute agression (jet de pierres, coups …) de fonctionnaires de police, de gendarmerie ou des pompiers.
  • Réformer la justice. Il faut exécuter les peines pour prévenir et protéger la société de la récidive. Nous n’admettons plus qu’une peine de prison se transforme en aménagement de peine et que la durée d’emprisonnement soit réduite automatiquement pour aboutir à l’inexécution de la peine. Pour ce faire, il faut revenir sur la loi Taubira qui exonère d’application les condamnés à des peines de moins de 5 ans. Enfin, il faut instaurer une véritable perpétuité pour certains crimes.
  • A l’inverse du rêve de l’ancienne Garde des Sceaux, c’est au parc pénitentiaire de s’adapter à la politique pénale, et non l’inverse. Il faut donc construire 40 000 places de prison.
  • La justice des mineurs doit être refondée pour ne plus laisser sans réponse des actes délinquants graves.
Pierre Lemarié

Pierre Lemarié

Membre du Cercle des Actifs Malouins.

1 pensée sur “Sans autorité, il n’y a plus de République”
  1. Mme APPARE maire de RENNES vient declarer que ces faits avaient été commis par « de jeunes irresponsables « !!! apres les sauvageons du minitre de l’intérieur , maintenant les irresponsables ! tou le dictionnaire de la connerie va y passer!!!

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